La prison, un peu plus 2.0

op 24 december 2015 11:55 Le Soir
Le conseil des ministres a approuvé vendredi le dossier de finalisation du système Sidis Suite, sur proposition du ministre de la Justice, Koen Geens. Ce système informatique, progressivement déployé depuis septembre 2014, entend aboutir à la création d’un dossier informatique unique pour chaque détenu. Il est appelé à remplacer totalement les versions papier des registres d’entrées, des dossiers disciplinaires et de détention, les dossiers de libérations conditionnelles ou anticipées.

L’extension du système permettra de renforcer les échanges de données, déjà accessibles aux Maisons de justice et à l’Office des étrangers. Les services de police et ceux de la Sûreté pourront ainsi y accéder selon des normes légitimant leurs accès. Les parquets et tribunaux de l’application des peines pourront le consulter. Les listes de visiteurs (jusqu’alors traitées prison par prison) seront intégrées dans le système, ce qui répond aussi aux normes sécuritaires nées au lendemain des alertes attentats. Sidis entend également répondre à des besoins analytiques : faciliter l’évaluation de l’évolution d’un détenu en vue de l’examen de sa libération conditionnelle, ses chances de réinsertion ou sa dangerosité. Au jour le jour, le système, déjà testé, entend faciliter les mouvements au sein et entre les établissements pénitentiaires : transferts, déplacements pour comparutions devant les tribunaux, etc. Les dossiers papier du détenu ne devront plus l’accompagner, ce qui présentait des risques de pertes ou d’altération de ces documents.

Ce vaste projet informatique marque un pas de plus vers l’avènement de la prison 2.0. Les nouvelles prisons ont déjà lancé l’expérience du « Prison Cloud », qui entend permettre aux détenus de gérer pour partie, depuis leur cellule, leur détention. Ce système permet ainsi la consultation des notes de service, des heures d’ateliers ou de temps culturel. Il permettra aussi au détenu la consultation informatique de son dossier judiciaire pour éviter des déplacements au greffe du tribunal. « Prison Cloud » entend simplifier les déplacements au sein de la prison. Il peut aussi contribuer à la baisse du taux d’encadrement nécessaire par détenu.

MARC METDEPENNINGEN